[Partie 3/4]

« À Paris j’ai commencé à faire des arrangements et des compositions de musiques africaines. C’était le tout début de la World-Music. J’avais jamais été en Afrique, mais j’étais chez moi avec les Africains. J’aimais bien leur manière de jouer. C’est rare les mecs qui ont un sens du rythme tellement développé.

À force d’être avec toute cette musique, je me suis fait un p’tit album pour moi en 98. Les radios en Afrique elles ont cru que j’étais black ! Radio Africa N° 1 appelle le bureau de la Francophonie : « Il faut qu’il vienne à Libreville ! » Au même moment à Abidjan y’a EMI Jat Music qui me dit de venir. C’était la plus grosse usine de cassettes d’Afrique francophone. J’ai choisi Abidjan et ma vie africaine a commencé.

J’ai produit des kilos de trucs là-bas, énorme. Mais j’ai quitté l’Afrique avec un flingue sur la tête. Les soirées avec piscine, l’alcool, des putes partout, la gendarmerie, les flics, l’armée, tous les mecs corrompus qui trainent, l’ambassade de France… Rien n’était net, y’avait une énorme magouille. Au bout d’un moment je sentais la parano, je me suis dit : ça va mal finir ce truc, ça pue la mort, faut que je dégage.

J’étais à la fin d’un album, et la veille du départ on me dit ambiance cow-boy : « Tu vas finir cet album, sinon… ». Moi, comme je suis Valaisan, je veux pas accepter ça. Le matin où je veux partir, le chef de la sécu m’appelle : « C’est Zouzou ! Laser ! TU-NE-PARS-PAS ! »  Il me dit ça pour me sauver la vie, il avait reçu l’ordre de me buter quoi ! Du coup, je suis complètement perdu mais je pars quand même. Sans réfléchir, je prends un taxi qui attendait devant la maison. Au carrefour de Cocody j’ai une prémonition, je me jette sur le mec, je tourne le volant et je pars me cacher. J’appelle un ami et il m’aide à trouver un bus pour le Ghana.

Et puis après tout est un peu parti en couilles. Je picolais trop, ma femme a voulu divorcer et revenir en Suisse. Je suis rentré à Genève et je suis allé aux Alcooliques Anonymes. Je vivais un peu des droits d’auteurs, puis en 2003 je commençais vraiment à être dans la merde. Et c’est là que j’ai eu l’idée du Komball. BOOM ! Sauvé par le gong ! »

 

 

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Publié le: 13 avril 2021
[Partie 3/4]

« À Paris j’ai commencé à faire des arrangements et des compositions de musiques africaines. C’était le tout début de la World-Music. J’avais jamais été en Afrique, mais j’étais chez moi avec les Africains. J’aimais bien leur manière de jouer. C’est rare les mecs qui ont un sens du rythme tellement développé.

À force d’être avec toute cette musique, je me suis fait un p’tit album pour moi en 98. Les radios en Afrique elles ont cru que j’étais black ! Radio Africa N° 1 appelle le bureau de la Francophonie : « Il faut qu’il vienne à Libreville ! » Au même moment à Abidjan y’a EMI Jat Music qui me dit de venir. C’était la plus grosse usine de cassettes d’Afrique francophone. J’ai choisi Abidjan et ma vie africaine a commencé.

J’ai produit des kilos de trucs là-bas, énorme. Mais j’ai quitté l’Afrique avec un flingue sur la tête. Les soirées avec piscine, l’alcool, des putes partout, la gendarmerie, les flics, l’armée, tous les mecs corrompus qui trainent, l’ambassade de France… Rien n’était net, y’avait une énorme magouille. Au bout d’un moment je sentais la parano, je me suis dit : ça va mal finir ce truc, ça pue la mort, faut que je dégage.

J’étais à la fin d’un album, et la veille du départ on me dit ambiance cow-boy : « Tu vas finir cet album, sinon… ». Moi, comme je suis Valaisan, je veux pas accepter ça. Le matin où je veux partir, le chef de la sécu m’appelle : « C’est Zouzou ! Laser ! TU-NE-PARS-PAS ! »  Il me dit ça pour me sauver la vie, il avait reçu l’ordre de me buter quoi ! Du coup, je suis complètement perdu mais je pars quand même. Sans réfléchir, je prends un taxi qui attendait devant la maison. Au carrefour de Cocody j’ai une prémonition, je me jette sur le mec, je tourne le volant et je pars me cacher. J’appelle un ami et il m’aide à trouver un bus pour le Ghana.

Et puis après tout est un peu parti en couilles. Je picolais trop, ma femme a voulu divorcer et revenir en Suisse. Je suis rentré à Genève et je suis allé aux Alcooliques Anonymes. Je vivais un peu des droits d’auteurs, puis en 2003 je commençais vraiment à être dans la merde. Et c’est là que j’ai eu l’idée du Komball. BOOM ! Sauvé par le gong ! »

 

 

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Publié le: 13 avril 2021