[Partie 2/2]

« Ma mère avait la maladie de Steinert, et à 22 ans j’ai appris que je l’avais aussi. J’avais 35 ans lors de la première crise. J’étais au travail, à midi j’ai voulu me lever de mon siège et j’ai pas réussi. J’ai paniqué complètement. Après une crise j’ai le corps qui se paralyse et j’ai plus de mobilité. La seule chose qui fonctionne encore c’est la tête. On se retrouve comme un bébé. Il faut réapprendre à marcher, à se mouvoir, et ça prend plusieurs mois. Et à chaque fois y’a des muscles en plus qui meurent. La première année j’ai eu 6 crises, je crois.

Quand j’ai dû arrêter de travailler, je suis pas sortie de chez moi pendant une année. J’étais malheureuse, je servais plus à rien. Plein de gens me parlaient plus parce que j’étais en fauteuil, comme si c’était contagieux. Puis mes amis n’arrêtaient pas de me dire de bouger, de voir du monde, donc j’ai commencé à venir dans ce parc. Les gens ici m’ont toujours vue en chaise donc ils n’ont pas eu peur. Depuis, je me suis fait plein d’amis, et tout l’été je suis ici. Je pose ma couverture par terre, c’est nickel.

Mon mari, lui il a brûlé la vie par les deux bouts. Il fumait et il buvait beaucoup. Oh… ! Il a tout fait pour tomber malade ! Ces dernières années il avait, on sait pas pourquoi, de l’ascite dans les jambes et dans le ventre. Il arrivait plus à marcher, plus à manger. Je lui avais demandé plusieurs fois s’il fallait que je l’aide à mourir. Et puis il me disait : « Mais non ! Ça va aller ! ». D’un côté je me dis heureusement que c’est moi qui reste, parce que moi je continue à vivre. Lui se serait laissé aller.

Mais j’ai une vie magnifique. J’ai été mariée 12 ans. J’ai été heureuse. J’ai toujours la pêche, je suis contente de vivre ! Je peux faire plein de choses ! Bon, j’ai pas pu partir en vacances cette année, sinon je serais pas là. Le voyage c’est TOUT. Lui il aimait la chaleur, donc on a fait beaucoup d’îles. Le prochain voyage que j’aimerais faire c’est la Guadeloupe ! Moi c’est Jacqueline d’ailleurs, mais tout le monde m’appelle Jack. La plaque à l’arrière c’est mon mari qui me l’a offerte, parce qu’il disait : « T’es toujours en vadrouille, donc Jack Transport International Routier ! »

(Parc Beaulieu)

*Cliquez sur les flêches bleues de la photo principale pour voir la deuxième photo.

Publié le: 11 mai 2021
[Partie 2/2]

« Ma mère avait la maladie de Steinert, et à 22 ans j’ai appris que je l’avais aussi. J’avais 35 ans lors de la première crise. J’étais au travail, à midi j’ai voulu me lever de mon siège et j’ai pas réussi. J’ai paniqué complètement. Après une crise j’ai le corps qui se paralyse et j’ai plus de mobilité. La seule chose qui fonctionne encore c’est la tête. On se retrouve comme un bébé. Il faut réapprendre à marcher, à se mouvoir, et ça prend plusieurs mois. Et à chaque fois y’a des muscles en plus qui meurent. La première année j’ai eu 6 crises, je crois.

Quand j’ai dû arrêter de travailler, je suis pas sortie de chez moi pendant une année. J’étais malheureuse, je servais plus à rien. Plein de gens me parlaient plus parce que j’étais en fauteuil, comme si c’était contagieux. Puis mes amis n’arrêtaient pas de me dire de bouger, de voir du monde, donc j’ai commencé à venir dans ce parc. Les gens ici m’ont toujours vue en chaise donc ils n’ont pas eu peur. Depuis, je me suis fait plein d’amis, et tout l’été je suis ici. Je pose ma couverture par terre, c’est nickel.

Mon mari, lui il a brûlé la vie par les deux bouts. Il fumait et il buvait beaucoup. Oh… ! Il a tout fait pour tomber malade ! Ces dernières années il avait, on sait pas pourquoi, de l’ascite dans les jambes et dans le ventre. Il arrivait plus à marcher, plus à manger. Je lui avais demandé plusieurs fois s’il fallait que je l’aide à mourir. Et puis il me disait : « Mais non ! Ça va aller ! ». D’un côté je me dis heureusement que c’est moi qui reste, parce que moi je continue à vivre. Lui se serait laissé aller.

Mais j’ai une vie magnifique. J’ai été mariée 12 ans. J’ai été heureuse. J’ai toujours la pêche, je suis contente de vivre ! Je peux faire plein de choses ! Bon, j’ai pas pu partir en vacances cette année, sinon je serais pas là. Le voyage c’est TOUT. Lui il aimait la chaleur, donc on a fait beaucoup d’îles. Le prochain voyage que j’aimerais faire c’est la Guadeloupe ! Moi c’est Jacqueline d’ailleurs, mais tout le monde m’appelle Jack. La plaque à l’arrière c’est mon mari qui me l’a offerte, parce qu’il disait : « T’es toujours en vadrouille, donc Jack Transport International Routier ! »

(Parc Beaulieu)

*Cliquez sur les flêches bleues de la photo principale pour voir la deuxième photo.

Publié le: 11 mai 2021