[Partie 2/2]

« Quand on consomme, il nous en faut toujours. J’avais plus une thune, et j’ai pété un plomb. J’ai décidé de voler. Ça marchait, tout nickel, jusqu’au moment où je tire le sac à main d’une grand-mère et elle est tombée. Elle a rien eu, mais j’me suis dit : « Putain ! J’en suis arrivé là ! Soit j’arrête, soit j’me tire une balle ! »

Juste après, un ami m’a proposé de le remplacer à l’alpage. J’me suis dit : ah ça c’est très bien (rires) ! Le manque c’était très dur. Ça arrivait des soirs où j’me tapais la tête contre le mur tellement j’étais mal. La première gare était à 2 heures de marche, et si je descendais je pouvais plus faire mes responsabilités. J’avais quand même 14 chèvres à traire deux fois par jour. Bon, je compensais avec l’alcool pas mal. Je marchais beaucoup, j’évacuais. Je pouvais hurler, personne pouvait m’entendre. Après 2 semaines très dures, ça a commencé à aller gentiment. Après les 3 mois j’avais plus autant le manque, et j’avais découvert que si je voulais consommer, je devais beaucoup marcher pour me fatiguer.

Après je me suis attaqué à l’alcool. J’ai eu plus de peine à arrêter. La religion ça m’a aidé pour ça. Je suis devenu musulman, cette hygiène de vie ça me convient bien. Au début j’étais très pratiquant, pour réussir à combattre toutes les tentations. Et pendant longtemps je me suis coupé de tous mes amis. J’avais pas le choix. Si t’as pas de caractère et que tu veux pas, tu peux rien faire. Si tu le veux vraiment, tu te donnes les moyens d’y arriver.

Ça fait 5 ans que j’ai rien touché, à part une bière parfois. Je sais que je peux vite replonger et plus m’en sortir. Même après une bière, y’a le cerveau qui dit : « Vas-y ! Une p’tite deuxième ! » Tu dois te battre tous les jours avec tes envies. J’ai toujours eu une motivation pour m’en sortir. C’est « grâce » à ce qui s’est passé dans mon enfance ; ce qui ne tue pas rend plus fort. J’ai dû toujours dépasser mes limites, et ça a toujours payé. Je me sens beaucoup mieux, plus heureux. Et quand je suis énervé, j’ai mon grand ami le vélo (rires) ! Dans tout ce malheur, j’essaie de garder le positif. Je me contente du simple, et je me dis que chaque instant peut être un instant bien. »

(Cornavin)

Publié le: 4 août 2021
[Partie 2/2]

« Quand on consomme, il nous en faut toujours. J’avais plus une thune, et j’ai pété un plomb. J’ai décidé de voler. Ça marchait, tout nickel, jusqu’au moment où je tire le sac à main d’une grand-mère et elle est tombée. Elle a rien eu, mais j’me suis dit : « Putain ! J’en suis arrivé là ! Soit j’arrête, soit j’me tire une balle ! »

Juste après, un ami m’a proposé de le remplacer à l’alpage. J’me suis dit : ah ça c’est très bien (rires) ! Le manque c’était très dur. Ça arrivait des soirs où j’me tapais la tête contre le mur tellement j’étais mal. La première gare était à 2 heures de marche, et si je descendais je pouvais plus faire mes responsabilités. J’avais quand même 14 chèvres à traire deux fois par jour. Bon, je compensais avec l’alcool pas mal. Je marchais beaucoup, j’évacuais. Je pouvais hurler, personne pouvait m’entendre. Après 2 semaines très dures, ça a commencé à aller gentiment. Après les 3 mois j’avais plus autant le manque, et j’avais découvert que si je voulais consommer, je devais beaucoup marcher pour me fatiguer.

Après je me suis attaqué à l’alcool. J’ai eu plus de peine à arrêter. La religion ça m’a aidé pour ça. Je suis devenu musulman, cette hygiène de vie ça me convient bien. Au début j’étais très pratiquant, pour réussir à combattre toutes les tentations. Et pendant longtemps je me suis coupé de tous mes amis. J’avais pas le choix. Si t’as pas de caractère et que tu veux pas, tu peux rien faire. Si tu le veux vraiment, tu te donnes les moyens d’y arriver.

Ça fait 5 ans que j’ai rien touché, à part une bière parfois. Je sais que je peux vite replonger et plus m’en sortir. Même après une bière, y’a le cerveau qui dit : « Vas-y ! Une p’tite deuxième ! » Tu dois te battre tous les jours avec tes envies. J’ai toujours eu une motivation pour m’en sortir. C’est « grâce » à ce qui s’est passé dans mon enfance ; ce qui ne tue pas rend plus fort. J’ai dû toujours dépasser mes limites, et ça a toujours payé. Je me sens beaucoup mieux, plus heureux. Et quand je suis énervé, j’ai mon grand ami le vélo (rires) ! Dans tout ce malheur, j’essaie de garder le positif. Je me contente du simple, et je me dis que chaque instant peut être un instant bien. »

(Cornavin)

Publié le: 4 août 2021