« Je suis fille, petite fille et arrière-petite-fille d’alcooliques. Chacun ses titres de noblesse (rires) ! J’ai eu une enfance à la Cosette. À la maison y’avait de la violence quasiment tous les jours. Donc à 16 ans je suis partie et j’ai passé ma vie à bouger. J’ai eu 2 enfants que j’ai élevés seule et sans pension alimentaire. Et je te passe tous les petits boulots… 

Puis un jour Dieu a eu pitié de moi. Il s’est dit : « La pauvrette, on va lui donner la connexion directe et illimitée avec wifi » (rires) ! J’étais en train de prendre le soleil toute seule au bord d’une rivière, et là… PAF ! Expérience d’éveil… Le temps et l’espace se sont arrêtés. J’étais tout, j’étais rien. Tout mon psychisme, toute ma chimie intérieure a changé. J’ai monté de taux vibratoire d’un seul coup !

Après ça, je regardais les gens et j’avais des visions sur leur vie, je les touchais et je ressentais leur douleur. Mais imagine on vient te dire, « Hey mec ! T’as été violé enfant ! » Et quand l’autre il a mis 40 ans de couches d’alcoolisme pour oublier, il a juste envie de te foutre le poing dans la gueule. Mais ça sortait tout seul. J’avais aucun contrôle. Je me suis crue folle au départ. Il a fallu que je lise des tas de livres pour comprendre. J’ai fait pas mal de formations puis j’en ai fait un métier. Il y a des miracles qui se sont passés sous mes doigts…

À cette époque j’avais un compagnon qui habitait Genève, un soit-disant saddhu. Mais derrière le costume, c’était un polytoxicomane. Très vite j’ai eu des galères. Ma santé s’est dégradée, j’ai eu un cancer, j’ai passé un hiver dans ma voiture, et il a même essayé de me tuer à coups de couteau. J’ai fini par devenir alcoolique…

Je me suis pas supportée comme ça et y’a 2 ans j’ai arrêté de boire. Comme je consommais plus rien on m’a coupé l’AI et on parle de me couper l’Hospice. Pour eux je ne suis plus malade. Aujourd’hui j’ai 54 ans, plein de talents, et j’ai la trouille de me retrouver SDF parce que j’ai arrêté de boire ! J’ai eu des problèmes sans arrêt, je m’en suis pris plein la gueule, et je suis fatiguée. Maintenant j’aimerais juste avoir le droit d’exister dans ma différence et de vivre un peu en paix. »

(Place Cornavin)

Publié le: 5 mars 2022

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« Je suis fille, petite fille et arrière-petite-fille d’alcooliques. Chacun ses titres de noblesse (rires) ! J’ai eu une enfance à la Cosette. À la maison y’avait de la violence quasiment tous les jours. Donc à 16 ans je suis partie et j’ai passé ma vie à bouger. J’ai eu 2 enfants que j’ai élevés seule et sans pension alimentaire. Et je te passe tous les petits boulots… 

Puis un jour Dieu a eu pitié de moi. Il s’est dit : « La pauvrette, on va lui donner la connexion directe et illimitée avec wifi » (rires) ! J’étais en train de prendre le soleil toute seule au bord d’une rivière, et là… PAF ! Expérience d’éveil… Le temps et l’espace se sont arrêtés. J’étais tout, j’étais rien. Tout mon psychisme, toute ma chimie intérieure a changé. J’ai monté de taux vibratoire d’un seul coup !

Après ça, je regardais les gens et j’avais des visions sur leur vie, je les touchais et je ressentais leur douleur. Mais imagine on vient te dire, « Hey mec ! T’as été violé enfant ! » Et quand l’autre il a mis 40 ans de couches d’alcoolisme pour oublier, il a juste envie de te foutre le poing dans la gueule. Mais ça sortait tout seul. J’avais aucun contrôle. Je me suis crue folle au départ. Il a fallu que je lise des tas de livres pour comprendre. J’ai fait pas mal de formations puis j’en ai fait un métier. Il y a des miracles qui se sont passés sous mes doigts…

À cette époque j’avais un compagnon qui habitait Genève, un soit-disant saddhu. Mais derrière le costume, c’était un polytoxicomane. Très vite j’ai eu des galères. Ma santé s’est dégradée, j’ai eu un cancer, j’ai passé un hiver dans ma voiture, et il a même essayé de me tuer à coups de couteau. J’ai fini par devenir alcoolique…

Je me suis pas supportée comme ça et y’a 2 ans j’ai arrêté de boire. Comme je consommais plus rien on m’a coupé l’AI et on parle de me couper l’Hospice. Pour eux je ne suis plus malade. Aujourd’hui j’ai 54 ans, plein de talents, et j’ai la trouille de me retrouver SDF parce que j’ai arrêté de boire ! J’ai eu des problèmes sans arrêt, je m’en suis pris plein la gueule, et je suis fatiguée. Maintenant j’aimerais juste avoir le droit d’exister dans ma différence et de vivre un peu en paix. »

(Place Cornavin)

Publié le: 5 mars 2022

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