« J’étais un peu hippy, je voulais découvrir le monde et j’avais beaucoup d’espoir dans cette façon de vivre, avec la tolérance, la liberté et tout ça. Alors j’ai quitté l’université au Mexique, et avec Pierpaolo, un ami Suisse, on est partis en autostop au Guatemala. On a rejoint un groupe de spectacle de rue, moi je jonglais avec le feu, et puis après on passait avec le chapeau. On vivait vraiment au jour le jour dans une petite maison sur une colline, sans électricité, sans eau chaude. On cuisinait au feu, on s’éclairait à la bougie, une vie un peu difficile mais très créative.
Puis Pier est retourné à Genève et moi, je suis tombée amoureuse de Fabian, un autre Suisse du groupe. Mon karma suisse ! Ensemble on a voyagé pendant 2,5 ans avec notre petit spectacle et nos créations artisanales, avant d’intégrer l’école nationale du cirque au Brésil. J’ai aussi été en partie déçue par ce monde. J’ai trouvé des rivalités, des jalousies, on s’enferme aussi, comme une espèce de clan et on devient intolérant comme tout le monde. Au final j’ai rencontré les meilleures personnes en dehors de ce monde, des gens vraiment simples qui nous ont ouvert les portes de leur maison.
En rentrant au Mexique, j’ai revu Pier et je suis tombée enceinte de lui. Une vraie telenovela mexicaine (rires) ! Et c’est comme ça que je suis arrivée en Suisse à 23 ans. Mon arrivée à Genève était hyper dure. C’était l’automne, mais je l’ai vécu comme un hiver. Je connaissais presque personne et je sentais les gens froids. Je me suis dit : mais qu’est-ce que je fais ici ? Et rapidement on s’est séparés. D’abord j’ai pensé : je vais partir avec ma fille, tu la reverras jamais ! Tu m’as fait mal, tu vas payer ! À la mexicaine, quoi !
Je me suis rendu compte de mon égoïsme vis à vis de ma fille et du super lien qu’elle avait avec son Papa. Et il m’a dit : tu peux faire ta vie, et je serai toujours là. J’ai fait confiance, petit à petit on a transformé ça en amitié et tout s’est mis en place naturellement. On a décidé de continuer à vivre ensemble, et ça fait 19 ans maintenant qu’on habite tous les trois ! C’est une personne merveilleuse, tout est tellement fluide et harmonieux, on a beaucoup de chance. Et l’histoire ne s’arrête pas là… Il y a 5 ans, on s’est remis ensemble avec Fabian ! Une vraie telenovela (rires) !
Pendant la période difficile j’ai rencontré Marcella, mon associée avec qui j’ai développé une relation très profonde. Elle m’a présentée à beaucoup de gens, et petit à petit j’ai commencé à me faire une maison à Genève. Après quelques années est venue cette idée de faire un épicerie en vrac parce qu’on aime beaucoup manger et parler avec les gens. Mais une épicerie à l’ancienne, avec des vieux meubles, des vieux bocaux, plein de plantes et de vie. Aucune de nous deux n’est minimaliste, comme tu vois le magasin, notre maison c’est pareil !
On s’est lancées et tout s’est enchaîné super vite jusqu’à l’ouverture en 2015. Maintenant toutes sortes de gens viennent, discutent, partagent leurs joies et leurs peines. Ça n’existe presque plus ça ! On a tissé beaucoup de liens, et c’est aussi ça qu’on cherchait. C’est comme voyager, ça me fait grandir énormément. On a aussi beaucoup de gratitude pour l’accueil des voisins et des autres commerçants. On est là les uns pour les autres, c’est hyper cool. Je me dis chaque jour que j’ai trouvé exactement ce que je devais faire, et j’espère qu’on sera là encore longtemps ! »
* Retrouvez Mariana et Marcella dans leur épicerie Nature en Vrac, Place des Grottes 1, 1201 Genève *
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« J’étais un peu hippy, je voulais découvrir le monde et j’avais beaucoup d’espoir dans cette façon de vivre, avec la tolérance, la liberté et tout ça. Alors j’ai quitté l’université au Mexique, et avec Pierpaolo, un ami Suisse, on est partis en autostop au Guatemala. On a rejoint un groupe de spectacle de rue, moi je jonglais avec le feu, et puis après on passait avec le chapeau. On vivait vraiment au jour le jour dans une petite maison sur une colline, sans électricité, sans eau chaude. On cuisinait au feu, on s’éclairait à la bougie, une vie un peu difficile mais très créative.
Puis Pier est retourné à Genève et moi, je suis tombée amoureuse de Fabian, un autre Suisse du groupe. Mon karma suisse ! Ensemble on a voyagé pendant 2,5 ans avec notre petit spectacle et nos créations artisanales, avant d’intégrer l’école nationale du cirque au Brésil. J’ai aussi été en partie déçue par ce monde. J’ai trouvé des rivalités, des jalousies, on s’enferme aussi, comme une espèce de clan et on devient intolérant comme tout le monde. Au final j’ai rencontré les meilleures personnes en dehors de ce monde, des gens vraiment simples qui nous ont ouvert les portes de leur maison.
En rentrant au Mexique, j’ai revu Pier et je suis tombée enceinte de lui. Une vraie telenovela mexicaine (rires) ! Et c’est comme ça que je suis arrivée en Suisse à 23 ans. Mon arrivée à Genève était hyper dure. C’était l’automne, mais je l’ai vécu comme un hiver. Je connaissais presque personne et je sentais les gens froids. Je me suis dit : mais qu’est-ce que je fais ici ? Et rapidement on s’est séparés. D’abord j’ai pensé : je vais partir avec ma fille, tu la reverras jamais ! Tu m’as fait mal, tu vas payer ! À la mexicaine, quoi !
Je me suis rendu compte de mon égoïsme vis à vis de ma fille et du super lien qu’elle avait avec son Papa. Et il m’a dit : tu peux faire ta vie, et je serai toujours là. J’ai fait confiance, petit à petit on a transformé ça en amitié et tout s’est mis en place naturellement. On a décidé de continuer à vivre ensemble, et ça fait 19 ans maintenant qu’on habite tous les trois ! C’est une personne merveilleuse, tout est tellement fluide et harmonieux, on a beaucoup de chance. Et l’histoire ne s’arrête pas là… Il y a 5 ans, on s’est remis ensemble avec Fabian ! Une vraie telenovela (rires) !
Pendant la période difficile j’ai rencontré Marcella, mon associée avec qui j’ai développé une relation très profonde. Elle m’a présentée à beaucoup de gens, et petit à petit j’ai commencé à me faire une maison à Genève. Après quelques années est venue cette idée de faire un épicerie en vrac parce qu’on aime beaucoup manger et parler avec les gens. Mais une épicerie à l’ancienne, avec des vieux meubles, des vieux bocaux, plein de plantes et de vie. Aucune de nous deux n’est minimaliste, comme tu vois le magasin, notre maison c’est pareil !
On s’est lancées et tout s’est enchaîné super vite jusqu’à l’ouverture en 2015. Maintenant toutes sortes de gens viennent, discutent, partagent leurs joies et leurs peines. Ça n’existe presque plus ça ! On a tissé beaucoup de liens, et c’est aussi ça qu’on cherchait. C’est comme voyager, ça me fait grandir énormément. On a aussi beaucoup de gratitude pour l’accueil des voisins et des autres commerçants. On est là les uns pour les autres, c’est hyper cool. Je me dis chaque jour que j’ai trouvé exactement ce que je devais faire, et j’espère qu’on sera là encore longtemps ! »
* Retrouvez Mariana et Marcella dans leur épicerie Nature en Vrac, Place des Grottes 1, 1201 Genève *