« Mon grand-père est décédé lorsque ma mère était enceinte de moi. C’était quelqu’un de noble et mes parents souhaitaient que je porte son nom. Mais j’étais une fille et c’était la déception. Dans notre famille, malheureusement, la voix de l’homme est plus importante que celle de la femme. Nos parents nous ont donné des principes : ne pas voler, ne pas mentir, être honnête. Mais aussi d’être dépendante d’un homme, de faire attention à avoir une bonne réputation, etc. Quand mon papa discutait d’un  sujet de famille avec notre frère, on ne pouvait pas donner notre avis. Quand on préparait à manger, le réflexe c’était de demander ce que les hommes veulent. Nous, on mangeait selon leurs préférences. 

J’ai eu une enfance choyée, toujours entourée d’affection. Mais toujours avec une nounou ou un chauffeur. On ne pouvait sortir que 1-2 fois par semaine à des heures bien précises, et jamais seules. J’étais très frustrée. Souvent, je regardais le ciel et je m’imaginais une vie différente. J’étais révoltée de ne pas pouvoir découvrir la vie toute seule. Comment payer une facture ? Comment prendre le bus ? Comment aimer quelqu’un ? Et j’avais ce challenge de faire quelque chose de bien pour que mes parents soient fiers et ne regrettent pas que je sois une fille. Alors je me préparais, parce qu’un jour la vie allait commencer.

Après une vie diplomatique à l’étranger, ma famille est rentrée au pays et j’ai travaillé pour une banque privée. C’est là que la vie a commencé !  J’ai débuté tout en bas, au guichet. J’ai aimé ce côté populaire des collègues qui refusent leur quotidien et qui veulent grimper. Mais parfois ils étaient prêts à monter sur des cadavres pour réussir. La pression était immense. Je pleurais tout le temps, j’avais des boulimies, j’avais des angoisses. Mon père était un diplomate algérien connu, et certaines collègues me ramenaient toujours au fait que j’étais la fille de… Qu’est-ce que cette fille qui a vécu une vie à l’aise vient faire parmi nous ? C’était plus dur que j’avais imaginé.

Mais j’étais une battante et je voulais pas rester dans l’ombre de mon père. Je savais  que si je restais dans le cocon familial, je n’allais pas me construire. Donc j’ai tenu bon pendant 7 ans. Puis j’ai fini par faire un burnout et je sentais que je devais arrêter. J’avais terminé une première étape dans mon challenge de vie. Parce que je vivais encore chez mes parents. Tant que la fille n’est pas mariée à un homme qui peut prendre le relais, elle reste avec ses parents… C’est à ce moment que j’ai rencontré mon mari. Il habitait déjà Genève et je l’ai rejoint pour vivre sous un autre ciel en pensant : bye bye la domination (rires) ! 

D’un côté j’ai retrouvé du calme. Mais j’ai aussi retrouvé chez lui un peu l’esprit de mon père. Je voulais travailler mais il a refusé. Il voulait que je sois juste pour lui. Mais ici j’ai dû apprendre à me débrouiller toute seule : les courses, le loyer, les factures, les assurances, un tas de trucs administratifs… Et j’avais zéro ami, zéro habitude, aucun repère. Je sentais comme un mur entre moi et la société genevoise. J’ai eu un moment de faiblesse où j’ai vraiment voulu rentrer dans mon milieu. Toute cette révolte que je voulais faire, « Non, je veux vivre pas vivre sous mon papa, etc. » Et bah maintenant, assume ma belle (rires) ! 

Puis j’ai réalisé que les gens que je croisais dans la rue ne sont pas tous des Suisses. Ce sont des Italiens, des Espagnols, des Portugais, des Arabes. Je me suis dit : c’est sûr qu’ils ont une histoire comme moi. C’était la première chose qui m’a rassurée. J’ai commencé à faire des formations, du bénévolat, j’ai rencontré d’autres migrants, j’ai écouté leurs histoires, leurs angoisses, qui étaient les mêmes que les miennes. Là j’ai réalisé que ce mur entre moi et Genève n’existait pas. Et petit à petit j’ai pu créer mon espace personnel ici à Genève. 

Entre temps, mon grand frère et mon père sont décédés. Il n’y a plus d’homme dans notre famille. Et bien que je sois la plus jeune, ma maman m’a désignée comme cheffe de famille. J’ai eu le sentiment que je me préparais depuis mon enfance pour ce jour-là. Mais je n’ai pas encore tout à fait réussi mon challenge. Je suis encore femme au foyer et j’ai toujours besoin d’un confort masculin. Là c’est les angoisses de la petite fille que j’étais ! Des fois elle me dit : ah quelle galère tu as fait ! Mais elle me dit aussi : tu es restée fidèle à toi-même. J’ai encore du chemin à faire, mais je n’ai jamais perdu mon goût de vivre et mon amour des gens. »

Publiée dans le cadre de la mini-série « Des frontières et des femmes », réalisée en partenariat avec l’APDH.

Toutes les histoires

« Mon grand-père est décédé lorsque ma mère était enceinte de moi. C’était quelqu’un de noble et mes parents souhaitaient que je porte son nom. Mais j’étais une fille et c’était la déception. Dans notre famille, malheureusement, la voix de l’homme est plus importante que celle de la femme. Nos parents nous ont donné des principes : ne pas voler, ne pas mentir, être honnête. Mais aussi d’être dépendante d’un homme, de faire attention à avoir une bonne réputation, etc. Quand mon papa discutait d’un  sujet de famille avec notre frère, on ne pouvait pas donner notre avis. Quand on préparait à manger, le réflexe c’était de demander ce que les hommes veulent. Nous, on mangeait selon leurs préférences.

J’ai eu une enfance choyée, toujours entourée d’affection. Mais toujours avec une nounou ou un chauffeur. On ne pouvait sortir que 1-2 fois par semaine à des heures bien précises, et jamais seules. J’étais très frustrée. Souvent, je regardais le ciel et je m’imaginais une vie différente. J’étais révoltée de ne pas pouvoir découvrir la vie toute seule. Comment payer une facture ? Comment prendre le bus ? Comment aimer quelqu’un ? Et j’avais ce challenge de faire quelque chose de bien pour que mes parents soient fiers et ne regrettent pas que je sois une fille. Alors je me préparais, parce qu’un jour la vie allait commencer.

Après une vie diplomatique à l’étranger, ma famille est rentrée au pays et j’ai travaillé pour une banque privée. C’est là que la vie a commencé !  J’ai débuté tout en bas, au guichet. J’ai aimé ce côté populaire des collègues qui refusent leur quotidien et qui veulent grimper. Mais parfois ils étaient prêts à monter sur des cadavres pour réussir. La pression était immense. Je pleurais tout le temps, j’avais des boulimies, j’avais des angoisses. Mon père était un diplomate algérien connu, et certaines collègues me ramenaient toujours au fait que j’étais la fille de… Qu’est-ce que cette fille qui a vécu une vie à l’aise vient faire parmi nous ? C’était plus dur que j’avais imaginé.

Mais j’étais une battante et je voulais pas rester dans l’ombre de mon père. Je savais  que si je restais dans le cocon familial, je n’allais pas me construire. Donc j’ai tenu bon pendant 7 ans. Puis j’ai fini par faire un burnout et je sentais que je devais arrêter. J’avais terminé une première étape dans mon challenge de vie. Parce que je vivais encore chez mes parents. Tant que la fille n’est pas mariée à un homme qui peut prendre le relais, elle reste avec ses parents… C’est à ce moment que j’ai rencontré mon mari. Il habitait déjà Genève et je l’ai rejoint pour vivre sous un autre ciel en pensant : bye bye la domination (rires) !

D’un côté j’ai retrouvé du calme. Mais j’ai aussi retrouvé chez lui un peu l’esprit de mon père. Je voulais travailler mais il a refusé. Il voulait que je sois juste pour lui. Mais ici j’ai dû apprendre à me débrouiller toute seule : les courses, le loyer, les factures, les assurances, un tas de trucs administratifs… Et j’avais zéro ami, zéro habitude, aucun repère. Je sentais comme un mur entre moi et la société genevoise. J’ai eu un moment de faiblesse où j’ai vraiment voulu rentrer dans mon milieu. Toute cette révolte que je voulais faire, « Non, je veux vivre pas vivre sous mon papa, etc. » Et bah maintenant, assume ma belle (rires) !

Puis j’ai réalisé que les gens que je croisais dans la rue ne sont pas tous des Suisses. Ce sont des Italiens, des Espagnols, des Portugais, des Arabes. Je me suis dit : c’est sûr qu’ils ont une histoire comme moi. C’était la première chose qui m’a rassurée. J’ai commencé à faire des formations, du bénévolat, j’ai rencontré d’autres migrants, j’ai écouté leurs histoires, leurs angoisses, qui étaient les mêmes que les miennes. Là j’ai réalisé que ce mur entre moi et Genève n’existait pas. Et petit à petit j’ai pu créer mon espace personnel ici à Genève.

Entre temps, mon grand frère et mon père sont décédés. Il n’y a plus d’homme dans notre famille. Et bien que je sois la plus jeune, ma maman m’a désignée comme cheffe de famille. J’ai eu le sentiment que je me préparais depuis mon enfance pour ce jour-là. Mais je n’ai pas encore tout à fait réussi mon challenge. Je suis encore femme au foyer et j’ai toujours besoin d’un confort masculin. Là c’est les angoisses de la petite fille que j’étais ! Des fois elle me dit : ah quelle galère tu as fait ! Mais elle me dit aussi : tu es restée fidèle à toi-même. J’ai encore du chemin à faire, mais je n’ai jamais perdu mon goût de vivre et mon amour des gens. »

Publiée dans le cadre de la mini-série « Des frontières et des femmes », réalisée en partenariat avec l’APDH.

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Publié le: 20 octobre 2022

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« Mon grand-père est décédé lorsque ma mère était enceinte de moi. C’était quelqu’un de noble et mes parents souhaitaient que je porte son nom. Mais j’étais une fille et c’était la déception. Dans notre famille, malheureusement, la voix de l’homme est plus importante que celle de la femme. Nos parents nous ont donné des principes : ne pas voler, ne pas mentir, être honnête. Mais aussi d’être dépendante d’un homme, de faire attention à avoir une bonne réputation, etc. Quand mon papa discutait d’un  sujet de famille avec notre frère, on ne pouvait pas donner notre avis. Quand on préparait à manger, le réflexe c’était de demander ce que les hommes veulent. Nous, on mangeait selon leurs préférences. 

J’ai eu une enfance choyée, toujours entourée d’affection. Mais toujours avec une nounou ou un chauffeur. On ne pouvait sortir que 1-2 fois par semaine à des heures bien précises, et jamais seules. J’étais très frustrée. Souvent, je regardais le ciel et je m’imaginais une vie différente. J’étais révoltée de ne pas pouvoir découvrir la vie toute seule. Comment payer une facture ? Comment prendre le bus ? Comment aimer quelqu’un ? Et j’avais ce challenge de faire quelque chose de bien pour que mes parents soient fiers et ne regrettent pas que je sois une fille. Alors je me préparais, parce qu’un jour la vie allait commencer.

Après une vie diplomatique à l’étranger, ma famille est rentrée au pays et j’ai travaillé pour une banque privée. C’est là que la vie a commencé !  J’ai débuté tout en bas, au guichet. J’ai aimé ce côté populaire des collègues qui refusent leur quotidien et qui veulent grimper. Mais parfois ils étaient prêts à monter sur des cadavres pour réussir. La pression était immense. Je pleurais tout le temps, j’avais des boulimies, j’avais des angoisses. Mon père était un diplomate algérien connu, et certaines collègues me ramenaient toujours au fait que j’étais la fille de… Qu’est-ce que cette fille qui a vécu une vie à l’aise vient faire parmi nous ? C’était plus dur que j’avais imaginé.

Mais j’étais une battante et je voulais pas rester dans l’ombre de mon père. Je savais  que si je restais dans le cocon familial, je n’allais pas me construire. Donc j’ai tenu bon pendant 7 ans. Puis j’ai fini par faire un burnout et je sentais que je devais arrêter. J’avais terminé une première étape dans mon challenge de vie. Parce que je vivais encore chez mes parents. Tant que la fille n’est pas mariée à un homme qui peut prendre le relais, elle reste avec ses parents… C’est à ce moment que j’ai rencontré mon mari. Il habitait déjà Genève et je l’ai rejoint pour vivre sous un autre ciel en pensant : bye bye la domination (rires) ! 

D’un côté j’ai retrouvé du calme. Mais j’ai aussi retrouvé chez lui un peu l’esprit de mon père. Je voulais travailler mais il a refusé. Il voulait que je sois juste pour lui. Mais ici j’ai dû apprendre à me débrouiller toute seule : les courses, le loyer, les factures, les assurances, un tas de trucs administratifs… Et j’avais zéro ami, zéro habitude, aucun repère. Je sentais comme un mur entre moi et la société genevoise. J’ai eu un moment de faiblesse où j’ai vraiment voulu rentrer dans mon milieu. Toute cette révolte que je voulais faire, « Non, je veux vivre pas vivre sous mon papa, etc. » Et bah maintenant, assume ma belle (rires) ! 

Puis j’ai réalisé que les gens que je croisais dans la rue ne sont pas tous des Suisses. Ce sont des Italiens, des Espagnols, des Portugais, des Arabes. Je me suis dit : c’est sûr qu’ils ont une histoire comme moi. C’était la première chose qui m’a rassurée. J’ai commencé à faire des formations, du bénévolat, j’ai rencontré d’autres migrants, j’ai écouté leurs histoires, leurs angoisses, qui étaient les mêmes que les miennes. Là j’ai réalisé que ce mur entre moi et Genève n’existait pas. Et petit à petit j’ai pu créer mon espace personnel ici à Genève. 

Entre temps, mon grand frère et mon père sont décédés. Il n’y a plus d’homme dans notre famille. Et bien que je sois la plus jeune, ma maman m’a désignée comme cheffe de famille. J’ai eu le sentiment que je me préparais depuis mon enfance pour ce jour-là. Mais je n’ai pas encore tout à fait réussi mon challenge. Je suis encore femme au foyer et j’ai toujours besoin d’un confort masculin. Là c’est les angoisses de la petite fille que j’étais ! Des fois elle me dit : ah quelle galère tu as fait ! Mais elle me dit aussi : tu es restée fidèle à toi-même. J’ai encore du chemin à faire, mais je n’ai jamais perdu mon goût de vivre et mon amour des gens. »

Publiée dans le cadre de la mini-série « Des frontières et des femmes », réalisée en partenariat avec l’APDH.

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« Mon grand-père est décédé lorsque ma mère était enceinte de moi. C’était quelqu’un de noble et mes parents souhaitaient que je porte son nom. Mais j’étais une fille et c’était la déception. Dans notre famille, malheureusement, la voix de l’homme est plus importante que celle de la femme. Nos parents nous ont donné des principes : ne pas voler, ne pas mentir, être honnête. Mais aussi d’être dépendante d’un homme, de faire attention à avoir une bonne réputation, etc. Quand mon papa discutait d’un  sujet de famille avec notre frère, on ne pouvait pas donner notre avis. Quand on préparait à manger, le réflexe c’était de demander ce que les hommes veulent. Nous, on mangeait selon leurs préférences.

J’ai eu une enfance choyée, toujours entourée d’affection. Mais toujours avec une nounou ou un chauffeur. On ne pouvait sortir que 1-2 fois par semaine à des heures bien précises, et jamais seules. J’étais très frustrée. Souvent, je regardais le ciel et je m’imaginais une vie différente. J’étais révoltée de ne pas pouvoir découvrir la vie toute seule. Comment payer une facture ? Comment prendre le bus ? Comment aimer quelqu’un ? Et j’avais ce challenge de faire quelque chose de bien pour que mes parents soient fiers et ne regrettent pas que je sois une fille. Alors je me préparais, parce qu’un jour la vie allait commencer.

Après une vie diplomatique à l’étranger, ma famille est rentrée au pays et j’ai travaillé pour une banque privée. C’est là que la vie a commencé !  J’ai débuté tout en bas, au guichet. J’ai aimé ce côté populaire des collègues qui refusent leur quotidien et qui veulent grimper. Mais parfois ils étaient prêts à monter sur des cadavres pour réussir. La pression était immense. Je pleurais tout le temps, j’avais des boulimies, j’avais des angoisses. Mon père était un diplomate algérien connu, et certaines collègues me ramenaient toujours au fait que j’étais la fille de… Qu’est-ce que cette fille qui a vécu une vie à l’aise vient faire parmi nous ? C’était plus dur que j’avais imaginé.

Mais j’étais une battante et je voulais pas rester dans l’ombre de mon père. Je savais  que si je restais dans le cocon familial, je n’allais pas me construire. Donc j’ai tenu bon pendant 7 ans. Puis j’ai fini par faire un burnout et je sentais que je devais arrêter. J’avais terminé une première étape dans mon challenge de vie. Parce que je vivais encore chez mes parents. Tant que la fille n’est pas mariée à un homme qui peut prendre le relais, elle reste avec ses parents… C’est à ce moment que j’ai rencontré mon mari. Il habitait déjà Genève et je l’ai rejoint pour vivre sous un autre ciel en pensant : bye bye la domination (rires) !

D’un côté j’ai retrouvé du calme. Mais j’ai aussi retrouvé chez lui un peu l’esprit de mon père. Je voulais travailler mais il a refusé. Il voulait que je sois juste pour lui. Mais ici j’ai dû apprendre à me débrouiller toute seule : les courses, le loyer, les factures, les assurances, un tas de trucs administratifs… Et j’avais zéro ami, zéro habitude, aucun repère. Je sentais comme un mur entre moi et la société genevoise. J’ai eu un moment de faiblesse où j’ai vraiment voulu rentrer dans mon milieu. Toute cette révolte que je voulais faire, « Non, je veux vivre pas vivre sous mon papa, etc. » Et bah maintenant, assume ma belle (rires) !

Puis j’ai réalisé que les gens que je croisais dans la rue ne sont pas tous des Suisses. Ce sont des Italiens, des Espagnols, des Portugais, des Arabes. Je me suis dit : c’est sûr qu’ils ont une histoire comme moi. C’était la première chose qui m’a rassurée. J’ai commencé à faire des formations, du bénévolat, j’ai rencontré d’autres migrants, j’ai écouté leurs histoires, leurs angoisses, qui étaient les mêmes que les miennes. Là j’ai réalisé que ce mur entre moi et Genève n’existait pas. Et petit à petit j’ai pu créer mon espace personnel ici à Genève.

Entre temps, mon grand frère et mon père sont décédés. Il n’y a plus d’homme dans notre famille. Et bien que je sois la plus jeune, ma maman m’a désignée comme cheffe de famille. J’ai eu le sentiment que je me préparais depuis mon enfance pour ce jour-là. Mais je n’ai pas encore tout à fait réussi mon challenge. Je suis encore femme au foyer et j’ai toujours besoin d’un confort masculin. Là c’est les angoisses de la petite fille que j’étais ! Des fois elle me dit : ah quelle galère tu as fait ! Mais elle me dit aussi : tu es restée fidèle à toi-même. J’ai encore du chemin à faire, mais je n’ai jamais perdu mon goût de vivre et mon amour des gens. »

Publiée dans le cadre de la mini-série « Des frontières et des femmes », réalisée en partenariat avec l’APDH.

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Publié le: 20 octobre 2022

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