« J’étais un enfant très hyperactif. Les psychopédagogues ont recommandé de me faire pratiquer du sport pour libérer ce surplus d’énergie. Mais le judo, karaté, boxing, ça marchait pas. Un jour, par accident, on est passés en face de l’école de danse provinciale. J’ai entendu du piano, et je me suis arrêté. J’ai regardé à travers une petite fenêtre, et j’ai vu des petits enfants en train de faire un cours de ballet. J’ai dit : « Je veux ça ! » Et ma mère m’a dit : « C’est trop calme pour toi ! Tu vas tuer tout le monde ! ». Mais j’ai voulu quand même essayer. Et dès la première journée je savais que j’étais à ma place, que c’était tout ce que je voulais dans la vie.

La danse c’est pas quelque chose que tu choisis. C’est un besoin de t’exprimer de façon différente, c’est ton langage. La plupart du temps, je suis plus éloquent en dansant qu’en parlant. J’ai étudié à l’école nationale d’art de Cuba, et à 19 ans j’ai obtenu mon diplôme en danse contemporaine. Mais le gouvernement cubain et le communisme choisissent tout le temps pour toi. J’ai eu 32 contrats en Europe et le gouvernement prenait une partie de ma paye. À l’époque, on voyageait même avec un représentant du gouvernement qui prenait nos passeports pour éviter qu’on s’enregistre comme réfugiés.

En 2010, la mairie de Montréal m’a invité dans le cadre du festival de jazz. Un jour j’ai demandé mon passeport pour envoyer de l’argent à Cuba. Puis là, je me suis réfugié. Le Canada m’a très bien accueilli. Ils donnent beaucoup de soutien pour les immigrants. J’ai obtenu ma résidence permanente après 2 ans, et ma citoyenneté 1 an après. Je suis fier d’être canadien, ça va être pour toujours mon deuxième pays.

Nous les Cubains, on est attachés émotionnellement entre nous. Ça c’est le communisme. Comme on a tellement manqué de choses, y’a une relation qui s’installe de coopération et d’aide. À Cuba on produit rien, c’est nous qui soutenons vraiment le pays. Ça existe pas un Cubain qui n’envoie pas l’argent à sa famille, et qui retourne pas à ses racines. Mais j’adore mon pays. Parce que, oui c’était difficile, mais au niveau de l’éducation professionnelle on est très forts. Et je me sens endetté envers mon pays. »

(Quai du Général Guisan)

Publié le: 8 juillet 2021

« J’étais un enfant très hyperactif. Les psychopédagogues ont recommandé de me faire pratiquer du sport pour libérer ce surplus d’énergie. Mais le judo, karaté, boxing, ça marchait pas. Un jour, par accident, on est passés en face de l’école de danse provinciale. J’ai entendu du piano, et je me suis arrêté. J’ai regardé à travers une petite fenêtre, et j’ai vu des petits enfants en train de faire un cours de ballet. J’ai dit : « Je veux ça ! » Et ma mère m’a dit : « C’est trop calme pour toi ! Tu vas tuer tout le monde ! ». Mais j’ai voulu quand même essayer. Et dès la première journée je savais que j’étais à ma place, que c’était tout ce que je voulais dans la vie.

La danse c’est pas quelque chose que tu choisis. C’est un besoin de t’exprimer de façon différente, c’est ton langage. La plupart du temps, je suis plus éloquent en dansant qu’en parlant. J’ai étudié à l’école nationale d’art de Cuba, et à 19 ans j’ai obtenu mon diplôme en danse contemporaine. Mais le gouvernement cubain et le communisme choisissent tout le temps pour toi. J’ai eu 32 contrats en Europe et le gouvernement prenait une partie de ma paye. À l’époque, on voyageait même avec un représentant du gouvernement qui prenait nos passeports pour éviter qu’on s’enregistre comme réfugiés.

En 2010, la mairie de Montréal m’a invité dans le cadre du festival de jazz. Un jour j’ai demandé mon passeport pour envoyer de l’argent à Cuba. Puis là, je me suis réfugié. Le Canada m’a très bien accueilli. Ils donnent beaucoup de soutien pour les immigrants. J’ai obtenu ma résidence permanente après 2 ans, et ma citoyenneté 1 an après. Je suis fier d’être canadien, ça va être pour toujours mon deuxième pays.

Nous les Cubains, on est attachés émotionnellement entre nous. Ça c’est le communisme. Comme on a tellement manqué de choses, y’a une relation qui s’installe de coopération et d’aide. À Cuba on produit rien, c’est nous qui soutenons vraiment le pays. Ça existe pas un Cubain qui n’envoie pas l’argent à sa famille, et qui retourne pas à ses racines. Mais j’adore mon pays. Parce que, oui c’était difficile, mais au niveau de l’éducation professionnelle on est très forts. Et je me sens endetté envers mon pays. »

(Quai du Général Guisan)

Publié le: 8 juillet 2021