« Je suis physicien. Je travaille sur l’accélérateur de particules au CERN. J’invente de nouvelles expériences pour tester un matériau qui s’appelle le Niobium. C’est un métal qui est utilisé pour construire les cavités où les particules sont accélérées. Mais j’ai tendance à avoir des intérêts plutôt variés. Je m’intéresse donc à ce qui se passe dans l’art aussi.

Mon sens de l’esthétique dans l’art découle de concepts scientifiques. J’aime beaucoup la période d’avant-garde. J’aime le futur, la modernité, le minimalisme dans tous les aspects de l’art et de la vie. J’aime les choses abstraites, et je n’aime pas les choses qui ne le sont pas. L’abstraction… c’est en fait ça le lien entre l’art et la science dans ma vie. Bien sûr que si je tombe amoureux, je vais écouter des chansons d’amour et devenir kitsch [cheesy] et tout. Mais c’est l’abstraction que j’estime vraiment. C’est ça qui m’émeut. J’aime les formes idéales, très propres, très cliniques dans un sens. Si vous regardez les bâtiments modernes, ils sont plein de formes idéales, analytiques. Cette idée de perfection, d’absence de détails, de rationalisme.

Dans un sens, je suis motivé par l’idée de transcender les choses du quotidien, comme ces choses qui font que nous sommes humains. Je n’aime pas le côté sentimental de notre nature. C’est comme si je n’aimais pas être humain et que je cherchais à dépasser l’être humain. Pour le dire simplement : je déteste la naïveté, les idées naïves sur comment la nature fonctionne. Tout ce qui est lié à ça m’est très repoussant. C’est comme de la mauvaise musique. Ce bâtiment en face par exemple, ces décorations sur le toit, tous ces détails, toutes ces colonnes. Tout cela dessert un but très spécifique, celui de satisfaire le besoin d’une personne de frimer ou quelque chose. Et ça c’est repoussant.

J’aime l’expression de la créativité humaine dans des choses qui ne sont pas directement inspirées de la nature, comme la roue. À ma connaissance, la nature n’a pas vraiment de roue. C’est l’apogée de la créativité, dans un sens. Davantage de pureté, davantage d’indépendance par rapport à la nature. Ça c’est très excitant pour moi. »

(Plaine de Plainpalais | traduit de l’anglais)

Publié le: 3 décembre 2020

Partagez sur :

« Je suis physicien. Je travaille sur l’accélérateur de particules au CERN. J’invente de nouvelles expériences pour tester un matériau qui s’appelle le Niobium. C’est un métal qui est utilisé pour construire les cavités où les particules sont accélérées. Mais j’ai tendance à avoir des intérêts plutôt variés. Je m’intéresse donc à ce qui se passe dans l’art aussi.

Mon sens de l’esthétique dans l’art découle de concepts scientifiques. J’aime beaucoup la période d’avant-garde. J’aime le futur, la modernité, le minimalisme dans tous les aspects de l’art et de la vie. J’aime les choses abstraites, et je n’aime pas les choses qui ne le sont pas. L’abstraction… c’est en fait ça le lien entre l’art et la science dans ma vie. Bien sûr que si je tombe amoureux, je vais écouter des chansons d’amour et devenir kitsch [cheesy] et tout. Mais c’est l’abstraction que j’estime vraiment. C’est ça qui m’émeut. J’aime les formes idéales, très propres, très cliniques dans un sens. Si vous regardez les bâtiments modernes, ils sont plein de formes idéales, analytiques. Cette idée de perfection, d’absence de détails, de rationalisme.

Dans un sens, je suis motivé par l’idée de transcender les choses du quotidien, comme ces choses qui font que nous sommes humains. Je n’aime pas le côté sentimental de notre nature. C’est comme si je n’aimais pas être humain et que je cherchais à dépasser l’être humain. Pour le dire simplement : je déteste la naïveté, les idées naïves sur comment la nature fonctionne. Tout ce qui est lié à ça m’est très repoussant. C’est comme de la mauvaise musique. Ce bâtiment en face par exemple, ces décorations sur le toit, tous ces détails, toutes ces colonnes. Tout cela dessert un but très spécifique, celui de satisfaire le besoin d’une personne de frimer ou quelque chose. Et ça c’est repoussant.

J’aime l’expression de la créativité humaine dans des choses qui ne sont pas directement inspirées de la nature, comme la roue. À ma connaissance, la nature n’a pas vraiment de roue. C’est l’apogée de la créativité, dans un sens. Davantage de pureté, davantage d’indépendance par rapport à la nature. Ça c’est très excitant pour moi. »

(Plaine de Plainpalais | traduit de l’anglais)

Publié le: 3 décembre 2020

Partagez sur :