« Quand ma fille est venue au monde, c’était pour mettre de l’ordre dans ma vie. Elle est arrivée au moment où ça allait pas du tout. J’avais 24 ans et le papa 22. C’était déjà plus la flamme entre nous, et il a rencontré quelqu’un d’autre quand j’étais encore enceinte. Je l’ai vécu comme la fin du monde. Je suis quelqu’un qui a beaucoup d’habitudes et dès qu’une habitude était perturbée, tout de suite je me fermais, et je m’énervais vite. J’ai peur de l’inconnu en fait.

Et c’était pas le rêve de ma vie de devenir maman, mais c’est arrivé et puis… C’était l’inconnu ! Être toute seule au quotidien, gérer les gardes, l’école… J’ai dû sortir des tripes parce que j’étais quelqu’un d’effacé. Mais là il fallait faire pour quelqu’un d’autre. J’ai mis plein de schémas en place pour essayer de parer à tous les imprévus. Et je travaillais à temps plein. Je me suis pas posé de questions pendant longtemps. J’étais comme une machine en fait.

Maintenant que ma fille est grande et autonome, je commence à être fière. On a une complicité fusionnelle. Je peux pas l’expliquer. On pense la même chose en même temps, elle me soutient autant que moi je la soutiens. Et les petites routines j’essaie un peu de les casser. J’ai appris à être moins affectée, à relativiser un peu plus. C’est que récemment que j’ai compris qui j’étais, et comment je vivais. Je réfléchissais trop, maintenant j’écoute juste et je ressens. Ça a changé plein de choses dans ma vie. Dans mon travail je pouvais avoir des relations conflictuelles. Maintenant c’est apaisé, j’arrive à écouter, à transmettre ce que je veux transmettre.

Il y a deux semaines, j’ai reparlé avec le papa de la séparation pour la première fois ! Au départ je l’ai fait parce que j’ai senti que ma fille avait besoin de régler quelque chose, mais je me suis dit : toi aussi t’as quelque chose à régler. Ça a été un chamboulement. J’avais besoin d’entendre des excuses et je les ai eues pour la première fois. Il a réalisé d’un coup à quel point ça a été dur pour moi. Je pense avoir trouvé le bon courant, tout va dans le bon sens. Je n’avais jamais eu ce sentiment avant. Je me sens apaisée, sereine, et j’ai moins peur de l’inconnu. »

(Carouge)

Publié le: 12 septembre 2021

« Quand ma fille est venue au monde, c’était pour mettre de l’ordre dans ma vie. Elle est arrivée au moment où ça allait pas du tout. J’avais 24 ans et le papa 22. C’était déjà plus la flamme entre nous, et il a rencontré quelqu’un d’autre quand j’étais encore enceinte. Je l’ai vécu comme la fin du monde. Je suis quelqu’un qui a beaucoup d’habitudes et dès qu’une habitude était perturbée, tout de suite je me fermais, et je m’énervais vite. J’ai peur de l’inconnu en fait.

Et c’était pas le rêve de ma vie de devenir maman, mais c’est arrivé et puis… C’était l’inconnu ! Être toute seule au quotidien, gérer les gardes, l’école… J’ai dû sortir des tripes parce que j’étais quelqu’un d’effacé. Mais là il fallait faire pour quelqu’un d’autre. J’ai mis plein de schémas en place pour essayer de parer à tous les imprévus. Et je travaillais à temps plein. Je me suis pas posé de questions pendant longtemps. J’étais comme une machine en fait.

Maintenant que ma fille est grande et autonome, je commence à être fière. On a une complicité fusionnelle. Je peux pas l’expliquer. On pense la même chose en même temps, elle me soutient autant que moi je la soutiens. Et les petites routines j’essaie un peu de les casser. J’ai appris à être moins affectée, à relativiser un peu plus. C’est que récemment que j’ai compris qui j’étais, et comment je vivais. Je réfléchissais trop, maintenant j’écoute juste et je ressens. Ça a changé plein de choses dans ma vie. Dans mon travail je pouvais avoir des relations conflictuelles. Maintenant c’est apaisé, j’arrive à écouter, à transmettre ce que je veux transmettre.

Il y a deux semaines, j’ai reparlé avec le papa de la séparation pour la première fois ! Au départ je l’ai fait parce que j’ai senti que ma fille avait besoin de régler quelque chose, mais je me suis dit : toi aussi t’as quelque chose à régler. Ça a été un chamboulement. J’avais besoin d’entendre des excuses et je les ai eues pour la première fois. Il a réalisé d’un coup à quel point ça a été dur pour moi. Je pense avoir trouvé le bon courant, tout va dans le bon sens. Je n’avais jamais eu ce sentiment avant. Je me sens apaisée, sereine, et j’ai moins peur de l’inconnu. »

(Carouge)

Publié le: 12 septembre 2021